Pourquoi la mise à niveau était nécessaire
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Au cours des années précédant 2025, plusieurs tragédies majeures, notamment le décès de Gino Mäder (lors du Tour de Suisse 2023) et de Muriel Furrer (lors d'un accident survenu lors des championnats du monde 2024), ont mis en évidence des lacunes flagrantes en matière de sécurité dans le cyclisme professionnel, notamment la détection tardive des accidents, la difficulté à localiser les coureurs et la connaissance limitée de la situation par les organisateurs de courses et les services d'urgence.
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Les organisateurs ont reconnu que les méthodes traditionnelles (observation manuelle, radio, couverture limitée) étaient insuffisantes, en particulier dans les zones montagneuses ou reculées du parcours, et se sont engagés à repenser radicalement les protocoles de sécurité.
Ce que Swisscom + TASSTA ont mis en œuvre en 2025
— Suivi multicouche et communication en temps réel
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Chaque vélo des concurrents, ainsi que tous les véhicules d'accompagnement (le « convoi »), étaient équipés d'un petit traceur GPS.
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Le système de suivi a été configuré pour déclencher des alertes dans des conditions spécifiques : par exemple, si un traceur restait immobile pendant plus de 30 secondes, enregistrait un changement soudain de vitesse ou s'écartait de l'itinéraire prévu.
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Toutes les données (signaux GPS, localisation des coureurs et du convoi, flux de diffusion télévisée, radar météorologique, zones dangereuses pré-cartographiées) sont acheminées vers un tout nouveau centre de contrôle mobile dédié à la sécurité, qui fait office de « centre de commandement » pour le personnel de sécurité supervisant la course.
— Les communications numériques Push-to-Talk remplacent la radio analogique
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Grâce à la technologie Push-to-Talk over Mobile (PTToM) fournie par Swisscom + TASSTA, la course a remplacé l'ancien réseau radio analogique par un système entièrement numérique. Cela permet une communication fluide entre différents appareils : smartphones, tablettes, radios traditionnelles, et intègre tout le personnel de l'événement, des commissaires aux chauffeurs du convoi en passant par le contrôle des médias.
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Environ 400 appareils ont été déployés cette année tout au long de la course, couvrant tous les principaux acteurs concernés.
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Comme le système fonctionne sur le réseau mobile Swisscom, qui couvre environ 99 % de la population et offre une couverture robuste même le long des routes suisses les plus reculées, il y a moins besoin d'infrastructures temporaires ou d'antennes-relais.
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Important : en cas d'encombrement du réseau, les appareils push-to-talk sont prioritaires, ce qui garantit le maintien des communications.
— Cartographie des dangers avant la course et coordination
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Avant la course, tous les itinéraires ont été analysés et les zones potentiellement dangereuses ont été signalées dans un système de cartographie numérique (à l'aide de Velo Viewer), accessible à toutes les équipes participantes. Cela a permis à chaque équipe d'être informée des zones à risque avant et pendant l'événement.
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Le centre de sécurité — qui surveillait le GPS, les flux vidéo et le radar météorologique — était composé d'une petite équipe dévouée (trois personnes pendant la course) qui surveillait tout incident et pouvait envoyer immédiatement des secours.
Ce qui a changé — et ce que cette « transformation » accomplit réellement
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Le Tour de Suisse 2025 est devenu la première course cycliste professionnelle au monde à déployer un système complet de suivi des coureurs et du convoi, associé à un centre de sécurité mobile dédié.
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Cela améliore la connaissance de la situation en temps réel: les organisateurs et le personnel de sécurité disposent désormais de données en direct sur la position de chaque coureur et véhicule d'assistance, ce qui leur permet de détecter immédiatement les accidents ou les irrégularités (par exemple, un arrêt soudain, une déviation).
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Grâce au nouveau réseau numérique Push-to-Talk, la communication est plus rapide, plus flexible et ne dépend plus de l'infrastructure radio traditionnelle, qui présentait souvent des lacunes en matière de couverture.
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Les zones dangereuses préidentifiées et le suivi coordonné des convois améliorent considérablement la gestion des risques : ils permettent de se préparer à l'avance, d'intervenir rapidement et de s'assurer qu'aucun motard n'est « hors de vue ».
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Dans l'ensemble, les organisateurs et les commentateurs soulignent un point très important : bien qu'aucun système ne puisse garantir un « risque zéro », cette approche intégrée « minimise les conséquences » et « fournit toutes les informations dont nous disposons aux équipes » afin qu'elles puissent agir rapidement en cas de problème.
Signification plus large : ce que cela signifie pour l'avenir du cyclisme
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La mise en œuvre par Swisscom + TASSTA lors du Tour de Suisse établit une nouvelle référence en matière de sécurité des courses: d'autres courses (Grands Tours, Classiques, tours nationaux) pourraient désormais se sentir davantage poussées ou encouragées à adopter des infrastructures de sécurité similaires.
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Le fait que l'UCI, l'instance dirigeante, ait publiquement salué cette initiative indique que la « sécurité et le suivi intelligents » pourraient devenir la norme, d'autant plus qu'elle envisage de mettre en place un système de suivi lors des championnats du monde.
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Disposer d'une infrastructure GPS + communication + cartographie des dangers en temps réel offre également un potentiel qui va au-delà des accidents : meilleure coordination des véhicules d'assistance, réaction plus rapide aux intempéries ou aux dangers de la route, coordination logistique améliorée, pour finalement des courses plus fluides et plus sûres.
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Enfin, cela contribue à rééquilibrer ce qui a toujours été un sport « à risque ». Grâce à des technologies comme celle-ci, la culture autour de la sécurité des pilotes pourrait évoluer, et les parties prenantes (équipes, organisateurs, fans) exigeront probablement davantage de responsabilité et de protection à l'avenir.
Limites et ce qui ne peut toujours pas être réparé
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Le système n'empêche pas — et ne peut empêcher — tous les accidents. Il ne peut que détecter les incidents une fois qu'ils se sont produits (ou sont sur le point de se produire) et accélérer la réponse. Comme le disent les organisateurs : « La sécurité absolue n'existe pas. »
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Certains seuils (par exemple, 30 secondes sans mouvement, changement soudain de vitesse, déviation) peuvent déclencher de fausses alarmes, en particulier dans les zones montagneuses où les problèmes de signal GPS ou les interruptions naturelles peuvent sembler anormaux. Selon le personnel du centre de sécurité, une partie de la mise en œuvre de 2025 consistait à « apprendre dans des conditions réelles ».
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La participation étant volontaire pour les équipes (même si toutes les équipes ont choisi d'y participer en 2025), ce type de système pourrait se heurter à une certaine résistance dans d'autres courses ou dans le cadre de réglementations différentes, en particulier si les équipes s'inquiètent de la confidentialité des données, des fuites d'informations concurrentielles ou de la surveillance réglementaire.
Conclusion : un grand pas en avant — et un modèle pour l'avenir
La collaboration entre Swisscom Broadcast et TASSTA lors du Tour de Suisse 2025 n'a pas seulement permis d'améliorer les protocoles de sécurité existants. Elle a repensé l'ensemble de l'infrastructure de sécurité en combinant le suivi GPS en temps réel, les communications numériques, la cartographie des dangers et un centre de commande centralisé, le tout dans le but explicite de protéger les coureurs.
Bien qu'aucune technologie ne puisse éliminer les risques inhérents au cyclisme professionnel à grande vitesse, en particulier sur des parcours techniques ou dangereux, ce système à plusieurs niveaux relève considérablement le niveau de sécurité. Plus encore, il fournit un modèle fonctionnel pour les futures courses à travers le monde.
Si vous le souhaitez, je peux vérifier quelles autres courses majeures (Grands Tours / épreuves du World Tour) envisagent actuellement ou ont déjà adopté des mesures de sécurité similaires, afin de voir si cela devient une norme dans le secteur. Souhaitez-vous que je vous dresse cette liste dès maintenant ?